08.07.2007

les femmes afghanes

763c141d4f556354c794b5181af3caa5.jpgLes femmes afghanes subissent les conséquences désastreuses de deux décennies de guerre civile : « Les combats mortels sont livrés par les hommes tandis que les femmes assument les combats vitaux. » Tout au long des années d'affrontements, de destructions et de déplacements, les femmes afghanes ont lutté pour assurer la survie de leurs familles. Les blessures, la mort et la perte des soutiens de famille les ont contraintes à tenir un rôle plus important pour subvenir aux besoins des personnes à leur charge. Cette responsabilité est devenue de plus en plus difficile à assumer à mesure que la guerre appauvrissait le pays et entraînait la dégradation des conditions socio-économiques dans toutes les régions, même celles qui sont éloignées de la ligne de front.

La vie des femmes afghanes est un cauchemar sans équivalent dans le monde et un choc pour la conscience de l'humanité, Sous le régime des talibans, les femmes font l'objet d'une « discrimination massive et systématique aggravée par la pauvreté et la guerre ».

En vertu des décrets « inhumains » édictés par les talibans, les Afghanes sont confinées à la maison et se voient dénier le droit à l'éducation, à la santé, au travail et à la sécurité physique.

Pour sortir, elles doivent revêtir une burqa et être accompagnées par un parent de sexe masculin.

Se référant à des témoignages recueillis sur place, M. Hossain affirme que de nombreuses femmes et fillettes, notamment d'ethnies minoritaires hazara et tadjike, ont été enlevées de force et maltraitées par les talibans lors de leur offensive dans le centre et le nord du pays. Selon le rapporteur, « il existerait des prisons de femmes à Kandahar, Kaboul et Mazar-i-Sharif, où seraient détenues sans motif formel » de nombreuses femmes des régions mentionnées."

 

Je trouve que tout le monde doit s'engager finançièrement, physiquement ou même moralement, car la vie des afghans nous concerne tous et ils ont besoin de notre aide. En effet, les choses les plus simples paraissent énormes pour eux.

07.07.2007

lettre à une femme afghane

ae8c623d73015482733f277331b118ce.jpgLettre à une femme afghane
Que te dire à toi, une de mes innombrables sours, quand tu connais ce que je n'ai jamais rencontré.

On attaque chaque jour ta liberté. L'intimité même de ton être. De tes désirs. De tes goûts, et de tes dégoûts.

Des hommes ont décidé que tu devais cacher ton visage. Ton regard même est devenu invisible et par là toute possibilité d'échanges avec ceux que tu croises : femmes, hommes, enfants.

Des hommes ont décidé que tu devais abandonner ton travail, et par là même parfois ce qui faisait ta vie, ton équilibre, ton identité.

Des hommes ont décidé que tu n'avais plus le droit d'aller seule et libre, voir les fleurs, les montagnes... Et même les marchés où tu bavardais gaiement autrefois avec celles et ceux à qui tu achetais les légumes et les fruits.

Des hommes ont décidé que tu n'avais plus le droit sacré d'apprendre.

Ils ne veulent pas te voir acquérir la connaissance.

Des hommes ont décidé de te museler. De te traiter plus mal qu'un animal.

Peut-on les appeler des hommes?

Peut-on même les appeler des animaux?


Non. Il n'existe aucune race d'animal sur terre, ni dans le ciel, ni dans la mer, où les mâles punissent leurs femelles d'exister.

Alors comment les nommer ceux qui sont sur terre grâce à celle qui l'a porté en elle durant neuf mois. Elle, qui caressait son ventre rond en pensant à l'enfant à venir. Elle, c'est-à-dire toi, et toutes celles qui vivent sur cette terre si douce jadis.

Dans les villages, la nuit, vous discutiez interminablement, en rond, les pieds sous une même couverture. Sous un ciel plein d'étoiles.

Parfois vous passiez devant ces magnifiques Bouddhas qui depuis des siècles étaient là pour le bonheur des yeux. Et sont aujourd'hui détruits paraît-il par ces innommables.

Innommables : c'est l'unique nom que je trouve pour les désigner, ceux qui sont devenus fous et qui font de vous des martyres.

Je ne sais pas comment, et surtout si tu peux lutter contre eux.

Sûrement un jour si ce n'est aujourd'hui. Toutes ensemble. Peut-être est-ce là un vou pieux qui n'a pas sa place ici.

Alors je te demande pardon.

A toi. A toutes tes soeurs afghanes.

Nadine Trintignant